Nef des fous

La Nef des Fous, le carnet de bord de Jean-Pierre Humbert

La nef des fous ... Le carnet de bord de mes aventures et de mes rencontres picturales … Avec moi, larguez les amarres et voyagez au long cours en position assise … Naviguons gaiement, ensemble vers l’inéluctable naufrage...

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La nef des fous
Carnet de bord de Jean-Pierre Humbert

La nef des fous … Le carnet de bord de mes aventures et de mes rencontres picturales … Avec moi, larguez les amarres et voyagez au long cours en position assise … Naviguons gaiement, ensemble vers l’inéluctable naufrage…

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INTRODUCTION EN SI – Technique mixte – JPH – 2005-1985


En septembre 2007 les éditions
ESTAMPE.ORG ont publié un livre intitulé
[Par défaut…] Jean-Pierre Humbert
Il contient notamment les reproductions de 47 de mes estampes,
accompagnées chacune par un texte d’un auteur à chaque fois différent.
Ci-dessous, découvrez mon INTRODUCTION EN SI interprétée par Colette Gaillard

 

INTRODUCTION EN SI

Texte de Colette Gaillard
Paru dans le livre [Par défaut…] Jean-Pierre Humbert


Intimité.

Mot de fouille
Mot de fosse.
Ossements de chaleur enfermant le ciel comme une chape d’église.

Je cherche mon temple, une bâtisse à la mesure de ma foi…
La demeure d’un esprit, d’un souffle sec mettant le feu à l’oreille et à l’âme, une étendue de steppe.

Et je ne sais précisément si le vent vient de l’œil ou de la langue,
des mots glissés ou de la caresse de lumière d’un khôl noir fusant mon corps ouvert.

Intimité.
Altération d’offrande
Altération d’un pauvre chant
La partition est laissée aux soins du courant.
Dans le silence infini, dans un océan d’algues vrillées, la vie glisse toute seule.

Spasmes qui s’entourloupent entre ma glotte et mon âme.
Vocables ininterrompus du jus des déchirures.
Je presse mon cœur citron et l’amère transpiration des amours fermentées.
Il coule et trempe.

Je cherche mon temple, une bâtisse à la mesure de ma foi…
Mais se tenir droit, encombré, les bras tendus pour que la nuit y pende sa lessive, ses poussières, ses nippes anciennes et collantes encore de ses vieilles douleurs. Se tenir ainsi, se croyant utile, se croyant aimer.

…oui, à la mesure de ma foi.

 

Pour plus d’informations ou pour commander le livre

[Par défaut…] Jean-Pierre Humbert, cliquez sur ce lien

 

VIE PRIVÉE – Gravure – JPH – 1983

 

 

 

Photo Elena Costianu – 2019

ACROBATES, JONGLEURS ET COMPAGNIE – 1985 – Peinture acrylique


Sur une toile marouflée, je dresse les murs de la forteresse qui abritera l’intimité de quelques personnages anonymes qui jouent en boucle le mélodrame humain. Les acteurs et le décor de mon tableau ne se laissent pas faire. Sur ma toile, j’ai consacré trois mois à déplacer des murs, à prêter et à retirer la vie aux éphémères protagonistes de ma tragi-comédie. À chaque étape, les parois prenaient de la hauteur, des personnages apparaissaient, disparaissaient. J’ai beaucoup oublié des épisodes de ce feuilleton. À la fin du mois de septembre 1985, je signais mon œuvre que j’intitulais
Acrobates, jongleurs et compagnie. Mais de la compagnie, il n’y en avait plus beaucoup. Restaient un couple d’amants fossilisés dans le décor, ainsi que, perdue, solitaire, une Vénus narcissique et son chat qui contemplaient la main d’un improbable jongleur. Un savant magicien qui libérait, dans une bulle, un nouvel être humain, fruit de ses éprouvettes; un nouvel être dans un nouveau monde aux racines évanescentes.

En 2008, j’ai une fois de plus remanié mon tableau. Tous les personnages ont disparu. Restent les bulles d’air et le nouveau-né. La forteresse se désagrège lentement dans le ciel nocturne et cède progressivement la place à un paysage inhospitalier. Seul dans son enveloppe, le bébé s’élève lentement Vers la lumière. C’est le titre de l’ultime version de mon tableau.

Serait-ce une lueur d’espoir ?

VERS LA LUMIÈRE – 1985-2008 – Passé recomposé


Cinq décennies de cheminement artistique s’achèvent et l’artiste ne semble pas encore être arrivé à son but. Il cherche, peaufine et réinvente toujours. Entre dessin, peinture et estampe, Jean-Pierre Humbert ne cesse de créer. Cinq décennies d’évolution et de transformation durant lesquelles la vie marque, module et disparaît. Quel artiste n’a su si bien faire évoluer ses œuvres, faire découvrir au public curieux qui s’aventure dans sa galerie tout le panel des techniques picturales et leur effet sur le regard et la pensée?


Irenka Krone-Germann, Réinventer l’art au travers les générations

 

Sorti de presse au mois de décembre 2018, le livre n’est pas diffusée en librairie. Vous pouvez passer commande à cette adresse e-mail: info@jphumbert.ch ou en remplissant le formulaire sur le lien qui suit: https: //jphumbert.ch/publications/livres/anachroniques/. Pour le consulter, rendez-vous à la Galerie Contraste à la ruelle des Cordeliers 6 à Fribourg (078 875 96 66).

FICHE TECHNIQUE DU LIVRE

Édition courante 256 pages au format 23 x 32.5 cm
Impression offset couleur sur du papier satiné de 150 g/m2
Plus de 200 illustrations et des textes de J-P Humbert
Prix: CHF 95.-  Frais de port et d’emballage inclus (seulement en Suisse)


Édition de tête Le livre est accompagné d’une estampe que j’ai créée pour
l’occasion. Cette œuvre est tirée à 47 exemplaires. Le livre et l’estampe sont
numérotés et signés de 1/47 à 47/47
Prix: CHF 250.- Frais de port et d’emballage inclus (seulement en Suisse)

Encore un effort…

Ça y est! Tombent les masques, vous en saurez plus ce soir. À la sauterie du coronavirus, le ralenti savamment maîtrisé de la fin du jeu a démarré. Sur l’air de Ce n’est qu’un au revoir, l’orchestre nous invite a retirer prudemment nos déguisements. L’heure de vérité a sonné ! Nous allons enfin découvrir le visage de l’envoûtant et entraînant danseur qui nous a guidé pendant ces excitants mois de folie. Surprise, surprise… Privés de l’effet ipsilatéral, votre cavalier et vous dévoilez une tête ovale, parfaitement lisse, sans nez, sans bouche, sans oreilles, sans yeux; bref une tête d’œuf dépourvue des habituels capteurs humains, si précieux pour réfléchir et agir. Cet étrange phénomène a frappé simultanément tous les participants de cette interminable fête. Probablement des dégâts collatéraux induits par la terreur et la culpabilisation inlassablement instillés par les promoteurs et organisateurs de la tango-pandémie. Simple spéculation!

Par bonheur, le spectacle de cette mutation n’a duré qu’un centième de seconde et il est passé inaperçu. Victimes inconscientes du mensonge, nous avons vite retrouvé le rassurant faciès auquel nous nous identifions habituellement, ainsi que la confiance aveugle en ce que la plupart des gens appellent nos valeurs. Artifices à géométrie variable, ces valeurs offrent de palpables avantages, elles développent la souplesse de la colonne vertébrale et favorisent la pratique indolore du changement de masque. Une compétence indispensable pour survivre dans un monde qui change sans fin de visage pour échapper à la vérité.

Le bal masqué serait-il l’expression humaine du mouvement perpétuel, le balancier déréglé de la bêtise?

J’en ai peur… en toute innocence.

 

CACHE-CACHE – Technique mixte – JPH – 2016-1996

 

Post-scriptum : Reproduits en exergue de ma monographie Anachroniques, vous trouverez mon œuvre CACHE-CACHE ainsi que cette citation de Saint Augustin (354-430) – Algérie:

À force de tout voir on finit par tout supporter…
À force de tout supporter on finit par tout tolérer…
À force de tout tolérer on finit par tout accepter…
À force de tout accepter on finit par tout approuver

Pour commander le livre : https://jphumbert.ch/publications/livres/anachroniques/

Les asiles d’aliénés comportent dans leur personnel des internes et des internés. Entre ceux-ci et ceux-là, ne se dresse que l’épaisseur d’un accent aigu.

Alphonse Allais – 1854-1905

 

 

DÉSESPÉRÉ 
Technique mixte – 2006-1973 – Image et texte JPH

Portrait synthétique et empathique de la foule désemparée des dépressifs, bipolaires, anxieux, paniqués, asociaux, stressés post-traumatique, psychotiques, schizophrènes, boulimiques, anorexiques, paranoïaques, narcissiques, évitants, dépendants, obsessionnels-compulsifs, cette œuvre est composée de quatre dessins réalisés en 1973, retravaillés et assemblés en 2006.

Dans le quotidien La Liberté du 16 juin 2010, une étude présentée par un chercheur financé par le « Brain Mind Institute » de l’EPFL, nous apprend que les grands artistes, quand ils ne sont pas franchement fous, sont pour le moins malades psychiquement. Un constat qui vaudrait aussi, dans une moindre mesure, pour les nabots de la création. Dostoïevski, Kafka, Nietzsche, Proust, Chostakovitch, Van Gogh et les autres (les femmes sont semble-t-il épargnées par le phénomène car ce scientifique n’en cite aucune) : à l’asile, pardon, au Centre de Soins Hospitaliers, s’il vous plaît ! Administrons-leur les médicaments d’usage et quelques séances avec le psychiatre. Le restant du temps, des activités de groupe telles qu’art-thérapie, gymnastique, télévision,etc., devraient les occuper positivement et surtout les guérir. Après quelques semaines de ce traitement, ces individus pourront enfin envisager une activité utile. Avec un peu, avec beaucoup de chance, ils trouveront un emploi dans une banque, une compagnie d’assurance, une usine, une administration, voire dans une université ou, nec plus ultra, à l’EPFL. Enfin libérés de leurs tourments, ils pourront participer efficacement à l’irrésistible œuvre de robotisation entreprise par le monde libre. À l’heure de la retraite, imprégnés du sentiment du devoir accompli, ils verront les portes d’une saine créativité s’ouvrir à eux. Pour occuper le temps qu’il leur restera à vivre, ils pourront se consacrer, qui à la peinture, qui à la littérature, à la sculpture, à la musique …

Une grossière caricature ? Je veux bien. Je suis plutôt enclin à penser que ce ne sont pas les petits et les grands artistes qui sont malades, mais bien nos orgueilleuses sociétés occidentales avec, notamment, leur fâcheuse tendance à utiliser les progrès de la technique et de l’automation pour calibrer les êtres un peu comme les fruits destinés à l’étal des supermarchés. L’humain au service de la technique, telle est la donne. De ce fait, l’avenir du personnel des divers Centres de Soins Hospitaliers s’annonce radieux.

Tous les patients de ces institutions auront-ils le talent de Dostoïevski, Kafka, Nietzsche, Proust, Chostakovitch, Van Gogh et les autres ?

C’est sûr, le paradis terrestre c’est pour demain.

 

Au jour le jour, les siècles passent tranquillement. Les révolutions se succèdent. Le monarque autocrate est remplacé par le tyran socialo-communiste, lui-même relayé par le totalitarisme démocratique, destitué à son tour par un despote probablement éclairé. Le monde bouge, les mœurs changent, seule subsiste la religion du Veau d’Or. Tant qu’il y aura des hommes, le culte de l’argent règnera. Au fil du temps, les formes et les manifestations de l’attrait pour ce pouvoir ont changé. Les nouveaux moyens techniques offrent des opportunités infinies pour l’exercice d’asservissement qui nous est habillement imposé. L’avenir s’annonce donc radieux pour les maîtres de ce jeu de dupes. Pour leur seul bénéfice, assistés par l’informatique et par l’automatisation, les manipulateurs qui conduisent le troupeau sauront pérenniser sans concession leur stupide et mortifère idolâtrie.

Et nous, objets presque inertes, impuissants, englués dans la mélasse publicitaire, étouffés sous des avalanches de paperasse, nous nous surprenons à espérer la venue d’un sauveur. Fruit du découragement, ce désir a suscité de nombreuses vocations parmi les escrocs de tous poils prêts à plumer leurs concitoyens découragés et déprimés. Les candidats crédibles à ce poste sont eux rarissimes. Si les plus chanceux ont droit aux honneurs et à la reconnaissance des personnes qu’ils ont soutenues, le métier est risqué et dans la plupart des cas, dangereux et décevant. Pour peu que le sauveur ait contribué à dévoiler les mensonges des puissants, il s’expose à la haine, aux quolibets, aux insultes et à la souffrance. Les exemples récents ne manquent pas. Celui qui dit la vérité doit être anéanti, c’est la règle.

En cette année 2020, l’évènement le plus important des Églises catholiques et orthodoxes, la Semaine Sainte, est agendée du 5 au 13 avril. Dans une Europe guidée par des Lumières, les peuples en pleine déliquescence intellectuelle et morale l’ont promue au rang de fête du lapin en chocolat et de l’œuf cuit dur peint. Pour mémoire, avant le triomphe du Progrès, pendant plus de deux millénaires, les chrétiens commémoraient la Passion de Jésus Christ de sa mort à sa résurrection. Appelé Le Sauveur, Jésus de Nazareth est le Fils de Dieu envoyé sur Terre pour sauver les hommes de leurs péchés, aussi connu sous le nom de Messie.

Ceux qui attendent un Sauveur n’ont plus à patienter, il est là !  Son enseignement transcrit dans le Nouveau Testament a accompagné les vies d’une majorités d’européens et de nombreux peuples pendant plusieurs siècles, et il a inspiré des œuvres sublimes à des peintres, des sculpteurs, des architectes, des écrivains, des musiciens et des savants restés souvent anonymes. Qu’ils aient la foi ou non, les écœurés du tout-à-l’argent malhonnête entendront là une mélodie réconfortante, à mille lieues du tintamarre vulgaire produit par les chantres de la sempiternelle doctrine matérialiste de la croissance.

De quoi émerger un peu… beaucoup… du sac d’embrouilles dont nous sommes captifs… et enfin réintégrer la création et ses beautés. Allez, Joyeuses Pâques !

 

LE SAUVEUR – Technique mixte – 2009-2003 – Texte et dessin JPH

Parmi les quelque 600 représentations de la Tour de Babel, dont la célèbre version de Bruegel l’Ancien, la gravure de la Tour de Babel en Belzé de Jean-Pierre le Jeune apporte son bloc de molasse à l’édification du mythe.

Dans la Genèse selon Jean-Pierre, le berceau de l’humanité se trouve à Fribourg. Les hommes parlaient alors la même langue, le bolze, formaient un seul peuple et cultivaient moult moments d’amitié autour de manoilles rafraîchissantes. Un jour, le roi Nemrod IV de Zæhringen ordonne de bâtir une tour dont le sommet doit toucher les cieux. L’Éternel, divinement agacé par tant d’insolence, redoute que la réussite du projet incite les rêveurs de la cité à échafauder des salles de spectacle et des ponts de la Poya en veux-tu en voilà. Dieu fait parler aux hommes des centaines de langues pour qu’ils ne se comprennent plus puis les éparpille par toute la terre. La Tour de Belzè reste inachevée. Cette vue de Fribourg à la base solide mais dont les étages perdent l’équilibre dans les nuages me renvoie à ma piètre inaptitude: grandir en Nuithonie et ne pas être bilingue, untauglich zu Zweisprachigkeit.

« 3 p’tits tours et… Soyons humbles et déterminés, bâtissons là ou en Basse, mais construisons toujours », disent les Bolzes qui ont plus de trois tours dans leur sackelè. Écoles et bibliothèques s’érigent autour de la patinoire. Un funi droit comme un i file vers l’Uni, rompant le ronron des remparts et des ponts en colimaçon. Des descendants des ouvriers de l’ancienne Tour reviennent s’installer en ville ; les langages se croisent et se mélangent. 3 p’tits tours et… représente une spirale harmonieuse, une ligne qui fait des révolutions pour que la terre tourne mieux. Si le bolze s’imposait comme langage universel, les conflits entre les nations s’apaiseraient.

Texte de Jean-Baptiste Magnin – Extrait de [Par défaut], Jean-Pierre Humbert – Éditions Estampe.org

 

TROIS P’TITS TOURS, ET … – Gravure – Tirage 47 ex. numérotés et signés – JPH – 1995

 

TROIS P’TITS TOURS, ET … – 2e état de la gravure – Tirage 47 ex. numérotés et signés – JPH – 1995

 

TROIS P’TITS TOURS, ET … – 1ère épreuve de travail de la gravure – un seul exemplaire tiré – JPH – 1995

 

TROIS P’TITS TOURS, ET … – 2e épreuve de travail de la gravure – un seul exemplaire tiré – JPH – 1995

 

À des milles des miasmes du virus bêtement intellectualisant qui mine le monde pictural de Suisse et d’ailleurs, ingénu dans un univers peuplé de tordus, l’ami Fred-Engelbert Knecht a, sa vie durant, inlassablement promené ses pinceaux et son regard amusé sur notre pays. Il a laissé une œuvre foisonnante, tant par la quantité que par la qualité. Des dessins et des peintures qui lui ressemblent. Franc, frais, direct et sincère, Fred-Engelbert Knecht a peint les beautés et les travers de l’Helvétie avec la candeur d’un éternel rêveur, et la confiance souriante d’un homme qui croit que le passé a plus d’avenir que le futur.

Fred-Engelbert réalisait ses lithographies dans le même atelier que moi. C’est là que j’ai découvert et que j’ai été séduit par ses travaux. Walo Steiner, le lithographe, m’a communiqué son adresse et je l’ai contacté pour lui commander une gravure pour l’abonnement Artistes suisses que j’éditais une fois par an. Il a réalisé pour mes abonnés, ce qui, je crois, était sa première et seule gravure. Reproduite ci-dessous, elle est intitulée Zürich 2032. Après l’exposition organisée à la Galerie Contraste pour la parution de son estampe, Fred a eu la gentillesse de m’inviter à exposer dans son Bar-Galerie 16a à Zürich. À ma grande surprise, dans ce lieu très fréquenté et largement voué aux travaux de son ami Hans Ruedi Giger, j’ai vendu les quatre gravures que j’avais présentées. Par la suite, nos relations se sont espacées et je n’ai appris sa disparition en 2010 que bien plus tard. Adieu Fred, je t’aimais bien…


«Quel est l’intrus?» semble demander l’artiste zürichois Fred Engelbert Knecht dont une vingtaine de tableaux seront exposés le week-end du 8 au 9 septembre à l’Atelier Contraste de Fribourg. Ouvert au public de 10h à 18h, l’atelier fera à l’occasion une démonstration de gravures tirées de l’Abécédaire de Jean-Pierre Humbert. La visite sera accompagnée par interludes, au son de la clarinette de Jean-Daniel Lugrin. Les toiles exposées de Fred Engelbert Knecht, comme pour la plus grande partie de son œuvre, ont pour thème la disharmonie entre culture et nature. L’enfance de l’artiste a effectivement été marquée par d’heureuses vacances parmi les poules et les porcs dans la ferme de son grand-père. Bien qu’étant né et ayant passé sa jeunesse à Zürich, il reste profondément imprégné de l’amour de la nature. Au travers de sa peinture, où il met en scène des paysages urbains reconquis par le monde végétal et animal, on rejoint l’univers de l’enfance. Comme Adolf Dietrich, auquel il voue une grande admiration, ce peintre visionnaire recherche à créer, sans ironie ou ambivalence, des images simples, belles et pleines de sentiments.


La Liberté – EH

 

Zürich 2032 – gravure de Fred Engelbert Knecht – 2001 – 17e édition de l’abonnement Artistes Suisses de la Galerie Contraste

2001… la galerie est encore assez sommairement aménagée. En avant-première, Jean-Daniel Lugrin interprète pour moi les compositions qu’il a préparées pour le vernissage de l’exposition des œuvres de Fred Engelbert Knecht.

 

Fred Engelbert Knecht pose devant une de ses peintures, en 1982, à l’occasion de l’ouverture de son exposition à la Galerie Maurer à Zürich. Photo publiée par la NZZ dans un article qui lui est consacré.

C’est en 1977 que j’ai réalisé et imprimé ma première sérigraphie dans l’atelier d’André Prin. J’avais emprunté son titre, L’avenir radieux, à Alexandre Zinoviev (1922-2006), l’immense écrivain russe, soviétique en ce temps-là. Cette œuvre était ma réponse à la proposition de mon ami Michel Dousse qui m’avait crédité d’une carte blanche pour créer une estampe pour le club de basket Isotop. Chacun de ses membres devait en vendre deux ou trois exemplaires dont le bénéfice revenait à l’équipe. À ce jeu, Michel était imbattable. À lui seul, il avait écoulé les deux tiers du tirage limité à 60 exemplaires. L’opération s’était avérée fructueuse et a été répétée quatre fois. En 1980, j’ai réinterprété ce sujet pour l’affiche de mon exposition à la galerie du Stalden. Finalement, après avoir produit une deuxième version en sérigraphie en 1987, je réalisais encore deux variantes digitales en 2007. Aujourd’hui, bon nombre des projections ironiques, contenues dans ces œuvres, se sont concrétisées. Mais mes partitions en plusieurs mouvements promettent un chapelet d’heureuses désillusions. L’avenir radieux sera toujours l’insidieux mensonge auquel nous aimons tellement croire.

 

L’AVENIR RADIEUX – Sérigraphie – JPH – 1977

L’AVENIR RADIEUX – Essai-1 –  Technique mixte – JPH – 2008-1977

L’AVENIR RADIEUX – Essai-2 –  Technique mixte – JPH – 2008-1977

L’AVENIR RADIEUX – Essai-3 –  Technique mixte – JPH – 2008-1977

L’AVENIR RADIEUX – Sérigraphie – Affiche – JPH – 1980

L’AVENIR RADIEUX – Sérigraphie- JPH – 1987

La galerie Osmoz réalise aujourd’hui un vieux rêve en organisant une exposition exclusivement consacrée au thème de la ville de Fribourg et en réunissant les principaux artistes fribourgeois du 18e siècle à aujourd’hui qui ont œuvré dans les différentes techniques de l’estampe (lithographie, gravure sérigraphie, estampe numérique).

À voir des œuvres de… Jean-Pierre Humbert, Ludo Hartmann, Diana Rachmuth, Jean-Michel Robert, Jean-René Rossier, Henri Robert, Teddy Aeby, Joseph Reichlen, Paul Robert, Ferruccio Garopesani, Gaston Thévoz, Roger Bohnenblust, Augustin Genoud, Marie-Thérèse Dewarrat, Philippe de Fégely, et bien d’autres….

Les artistes vivants seront présents les dimanches 22 mars et 5 avril 2020 pour le finissage.

 

 

On dit que les jumeaux fondateurs de Rome, Romulus et Rémus, ont été nourris et élevés par une louve. Depuis, cette louve nourricière est devenue l’un des symboles de la Ville éternelle. Mais, comment s’appelle-t-elle cette brave bête ? Bien sûr, nos amis rédacteurs de mythes romains ne s’en sont pas préoccupés. Je suis convaincu que l’incontournable Walt Disney aurait pu les aider.

Heureusement, après enquête, les deux excellents journalistes du quotidien “ Roma oggi e domani ”, messieurs Tite-Live et Plutarque avancent un prénom ainsi qu’une explication subtile de la légende.

Selon eux, les jumeaux auraient été découverts dans la grotte du Lupercale par le berger Faustulus, gardien des troupeaux d’Amulius. Celui-ci les aurait confiés aux bons soins de sa femme Laurentia, une prostituée que les bergers appelaient Lupa. Ce serait donc par un jeu symbolique que d’autres auteurs latins auraient créé le mythe de la louve mère biologique de Romulus et Rémus. Une explication rationaliste de cette légende rappelle que le mot latin lupa possède deux sens, « louve » et « prostituée », allusion au beau métier qu’exerçait Laurentia.

Mais, que font donc Romulus et Rémus devant l’Université de Fribourg ? Du tourisme ? Révisent-ils leur latin ? Non, c’est plus simple. Pour honorer les liens qui unissent Fribourg et Rome, dans le domaine académique, la Société Dante Alighieri a offert à l’Université de Fribourg une sculpture commandée à l’artiste italien Alessio Paternesi. Celui-ci s’est inspiré de la fameuse “Lupa Capitolina” donnée en 1473 par le pape Sixte IV à la ville de Rome.

L’œuvre de Paternesi a été officiellement inaugurée le 21 avril 2004. Elle est posée sur un socle le long de la route du Jura, devant l’Université Miséricorde, appelée également l’Alma mater (la mère nourricière).

La photographie de ma chère Milka remet sérieusement en cause la version officielle de la présence de Romulus et Rémus à Fribourg. Il suffisait, comme elle l’a parfaitement fait, de photographier la sculpture dans le bon angle pour se rendre compte qu’elle n’est autre que le nouveau logo du Service Cantonal des Finances. Un logo qui trône au pied du siège bleu et blanc de cette institution. Clairement, Romulus et Rémus symbolisent les agents de la fonction publique ( fonctionnaires ) en train de soulager les citoyens contribuables représentés par la louve, Lupa pour les intimes. Maintenant que vous connaissez sa profession, la vérité saute aux yeux. Le gang des souteneurs est enfin démasqué. Merci Milka.


Romulus et Rémus, au pied de l’immeuble bleu blanc du Service Cantonal des Finances
Photo Milka –
Texte de JPH