Nef des fous

La Nef des Fous, le carnet de bord de Jean-Pierre Humbert

La nef des fous ... Le carnet de bord de mes aventures et de mes rencontres picturales … Avec moi, larguez les amarres et voyagez au long cours en position assise … Naviguons gaiement, ensemble vers l’inéluctable naufrage...

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La nef des fous
Carnet de bord de Jean-Pierre Humbert

La nef des fous … Le carnet de bord de mes aventures et de mes rencontres picturales … Avec moi, larguez les amarres et voyagez au long cours en position assise … Naviguons gaiement, ensemble vers l’inéluctable naufrage…

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Auteur inconnu


Jamais l’esclavage n’est aussi bien réussi
que quand l’esclave est persuadé que c’est pour son bien

Attribué à Aristote

 

Sacré Aristote… alors que l’électricité et l’internet n’existaient même pas, plus de 300 ans avant Jésus Christ, il avait tout prévu … le triomphe sans frontières du coronafoirus, le succès de la loi Covid qui, pour nous faire chanter en cœur, a passé la baguette de chef d’orchestre à quelques bracaillons de la politique. Implicitement, il nous annonçait même le phénomène à la mode des années 2020-2021-22-23 – et plus si entente -, à savoir, l’irrésistible santé d’une maladie mortelle pour la liberté qui déferle au pas de l’oie, par vagues virales plus planantes et plus dangereuses les unes que les autres.

Quelle clairvoyance ! Il fallait le faire… ou cela signifie-t-il simplement que l’espèce humaine n’a pas fondamentalement changé. Il y a là du matériel qui a déjà beaucoup servi aux philosophes amateurs et professionnels. Malheureusement, pour ce qui est de la philosophie, j’ai adopté la définition qu’en donne Ambrose Bierce : Route comportant de nombreuses voies et qui s’étend de nulle part à rien.

Sacré Ambrose Bierce… son passage sur terre est plus récent, 1842-1914. Dans son plus célèbre ouvrage le Dictionnaire du diable, il nous sert des définitions parfaitement en symbiose avec les évènements délirants que nous vivons depuis plus d’une année et demie. Parmi les nouvelles règles imposées avec une désarmante facilité aux citoyens des pays occidentaux, celle, ridicule, et paradoxalement intitulée Distanciation Sociale m’a rappelé la définition donnée au mot distance par ce cher Ambrose : La seule chose que les riches soient prêts à accorder aux pauvres en souhaitant qu’ils la gardent. Il suffisait de demander, depuis 2020, en brandissant les menaces associées de la peur, de la maladie et du respect d’un civisme d’opérette, les autorités ont réussi assez facilement à museler les populations, tant au sens propre que figuré.

Si vous pensez que la révolution sanitaire imposée depuis deux ans est légale et parfaitement justifiée, réjouissez-vous, car la soumission de la population encore terrorisée est infatigablement entretenue par quelques personnes qualifiées des titres désormais discrédités d’experts et d’intellectuels. Parmi ces activistes on trouve des représentants de la culture, des juristes de toutes natures, une partie du corps médical, psys inclus, la plupart des politiques, bref, tous ceux (en français, cela inclut les femmes) qui ont, sauf l’honneur, quelque chose à perdre. Ce camp a ses champions. Comme à l’école enfantine, je décerne la gommette d’or à la presse de grand chemin et ses journalistes méritants.

Donc, comme disent mes compatriotes fribourgeois, en Absurdistan, tout va bien. Après avoir décortiqué l’avalanche de statistiques diffusées à tous vents, il ressort sans ambiguïté que le taux de mortalité est sensiblement le même que les autres années, et que ce sont presque toujours des vieux comme moi qui disparaissent en premier (eh! oui). Nous nous y faisons difficilement, mais ce n’est pas vraiment nouveau. Cela ne freine cependant pas les ambitieux promoteurs de la vie éternelle sur la terre. Selon ces personnes dopées à la religion du progrès, ce n’est pas juste. Il semble que pour eux, l’éternité sur terre est à l’évidence un droit de l’homme inaliénable. Bref, c’est le moment de finir les réserves de schnaps. Avec un peu de chance, à la limite du coma éthylique, hébétés, après la dernière golée, régurgiterons-nous la forme liquide des contes à mourir en bonne santé qui nous sont servis. Et n’oubliez pas que lorsque, comme c’est l’empathique expression à la mode, on vous invite chaleureusement à prendre soin de vous… c’est que clairement, il ne faudra pas compter sur le soutien de votre interlocuteur.

Assoupis par le mouvement perpétuel des attaques virales, crédules, vous rêvez du pass covid qui vous rendra la liberté … réveillez-vous chers amis … ne vous laissez pas leurrer par les misérables qui n’ont que la contrainte pour argument,  REFUSEZ LE PASS COVID !

Ça peut encore changer … Auteur inconnu


BAL MASQUÉ – Technique mixte – JPH – 1979

 


ASSURER – Technique mixte – JPH – 1979

 

Tragique et drôle
Les Simpson – 2010 – Durée 2 minutes 18 – À regarder juqu’au bout !

À lire
Ariane Bilheran – Interviewée par l’impertinent – Journal en ligne

 


PENDANT CE TEMPS,

DANS MON ATELIER

ET À LA GALERIE CONTRASTE

 

Ci-dessus – Gros plan sur une des parois de la Galerie Contraste


Depuis une année, non, deux ans, environ tous les trois mois,

je modifie radicalement le contenu de mon exposition permanente.
Je crois que l’heure est venue de vous inviter à visiter cette exposition mobile


Jean-Pierre Humbert – TENTATIVE D’ÉVASION ….

La galerie et mon atelier seront ouverts

Tous les vendredis de 14 à 18 heures
Du 22 octobre jusqu’au 18 décembre 2021
Aussi sur rendez-vous

 

CONTRASTE GALERIE / Atelier JPH

Ruelle des Cordeliers 6 – CH 1700 Fribourg
info@jphumbert.ch – www.jphumbert.ch – 078 875 96 66

 

 

La perspective de pouvoir me désolidariser encore de quelques-unes des valeurs qui prétendent unir tant bien que mal cette humanité en déroute est l’un des plaisirs qui me tiennent en vie. Quand les professeurs de vertu rétrospective et anhistorique racolent dans les médias; quand n’existe plus d’ardeur que pour ce qui relève de la noyade dans l’indifférencié; quand le chaos festif et touristique devient la trame de nos vies concrètes dans un monde qui se réaménage à toute allure en ‘espace de loisirs’; quand la religion culturelle ne connaît plus les arts que pour les forcer à incarner le collectif euphorique, alors il est nécessaire de reprendre à zéro la critique d’une époque si pénible.

Philippe Muray, Désaccord parfait (2000)

 

 

2021 – C’est avec ce titre que Fribourg fête le jubilé du Big Bang pictural
et de la création artistique ex nihilo

 

S’il tient à préserver une quelconque dignité spirituelle,
l’homme doit négliger son statut de contemporain.
Emil Cioran

 

Treize artistes à FRI ART – Photo diffusée sur internet

 

Discoteca Analitica – Fri-Art – 2019 – Photo de Thomas-Julier, diffusée sur internet

 

À quelques jours près, il y a environ quatorze milliards d’années était LE VIDE. Cette très longue période de vacuité a pris fin en 1981 avec l’arrivée de FRI ART, le fameux mouvement artistique qui a généré le Big Bang culturel et donné naissance à l’art. C’est donc un exploit mémorable qu’a réalisé Riton (Michel Ritter, c’était son sobriquet – 1949-2007) qui en fut le fer de lance (1). Avant lui et ses amis, l’univers artistique n’existait pas. C’est donc à Fribourg, qui, comme chacun le sait, est le centre du monde, qu’a eu lieu le Grand Boum cosmologique qui a donné naissance à l’art.

Il faut cependant rappeler que ce véritable miracle doit beaucoup à la gomme à déconstruire, génératrice de vide, mise au point par Marcel Duchamp (un des nombreux surnoms du vide), une personnalité qui a su mettre le néant en lumière. Dans un prochain épisode des publications de mon carnet de bord, je vous révélerai la nature des liens qu’a entretenu cet homme avec Fribourg, liens qui font de ma ville un des phares de l’univers. Sans ces êtres d’exception, les individus frustes, de type plus ou moins traditionalistes, en seraient encore à cultiver ce qu’ils appellent leurs racines. Des artistes, mais aussi la foule des gens ancrés, qui croient que démanteler ce qui a été édifié pendant des siècles et livrer les résultats brut de ces actes de dissection et de destruction au public n’a rien à voir avec de l’art. Provoquer, repousser les limites de l’arrogance et du mépris, participer à la sinistre fête de la mondialisation “heureuse”, exister aux yeux des classes dirigeantes, des richissimes, et des institutions publiques, arriver avec ou sans talent, sans effort, à n’importe quel prix … entretenu par les institutions publiques, ou mieux encore, par l’un ou l’autre milliardaire promoteur d’une humanité hors-sol… tel est “l’art” qui se réclame de l’énergie du vide, l’art quantique en quelque sorte.

Quarante ans après la fondation de FRI ART, dopée à la reconnaissance officielle, la caste des “créateurs contemporains” a proliféré et occupe aujourd’hui l’essentiel des espaces prestigieux réservés aux artistes vivants. Exhibées dans des centres d’art et des musées qui leurs sont consacrés, leurs “œuvres” sont imprégnées de la doxa quasi-religieuse du progrès qui nous est imposée de manière toujours plus brutale. On peut donc dire que l’artiste labellisé contemporain représente parfaitement la société dite avancée des “civilisés” qui détiennent la vérité vraie qui, parait-il, ferait d’eux l’élite de l’humanité. Pour le bonheur du cheptel de huit milliards d’hommes et de femmes qui peuplent la terre, les preux chevaliers de la juste-pensée sont fermement décidés à imposer cette vérité scientifiquement certifiée à n’importe quel prix. Après le rêve socialo-communiste, après le rêve national-socialiste, place au rêve socialo-écolo-mondialiste … décidément, les ravis de la crèche laïque et égalitaire nous promettent de beaux jours. Comme il se doit, la population des artistes contemporains, fonctionnaires de l’empathie et détenteurs exclusifs de la révolte subsidiée s’engageront à fond pour la liberté obligatoire.

Soyons optimiste… le lecteur de ce message soigneusement pondéré, trouvera peut-être que, malgré ma retenue de bon aloi, j’exagère, et qu’insensible, avec mes seuls préjugés pour arguments, je pérore à propos de ce que je ne connais pas, ou pire de ce que je ne comprends pas. Non, fidèle lecteur, je ne suis pas cet imposteur. Bien que depuis quelques années je fuie les performances et contre-performances organisées par les têtes aérées par les courants d’air du moment, à l’époque du Grand Boum, je fréquentais régulièrement son détonateur, l’explosif Michel Ritter et la galaxie de ses disciples et j’assistais aux exhibitions qu’ils organisaient. Malgré nos flagrants désaccords, nos rapports étaient amicaux et les discussions très animées. J’ai donc vécu en “live-direct” l’émergence du mouvement qui est honoré en cet an de disgrâce 2021. Un mouvement “artistique” aujourd’hui omniprésent et omnipotent qui, comme Alain Berset son ministre de tutelle en Suisse, sait imposer sa loi. Par le passé, j’ai refusé le pass-plasticien qui devait m’ouvrir les portes de la réussite. Maintenant, mon allergie à l’autoritarisme se confirme avec mon rejet du pass-covid. Décidément, le seul pass que je possède est celui de la sortie …

(1)  Le serpent Fer de Lance est considéré comme l’un des serpents les plus dangereux du Costa Rica. Il fait partie de la famille des Viperidae et du genre Bothrops. Au Costa Rica il est responsable des morsures les plus fréquentes chez les serpents. – Wikipedia

 

 

Une banane scotchée au rouleau adhésif sur un mur pendant l’exposition d’art contemporain Art Basel à Miami, aux États-Unis, a été vendue pour 120 000 dollars. Nommée “Comedian”, l’œuvre d’art, réalisée par Maurizio Cattelan, a été acquise par un collectionneur de nationalité française. – Wikipédia

Avec sa banane à 120 000 dollars, Maurizio Cattelan démocratise l’art du vide selon un journaliste de la presse de grand-chemin. Décidément le prix de la démocratie est en train de flamber et elle avec.

 

 

Le doigt d’honneur est à l’honneur – à la mode – parmi les génies du contemporain. Après ceux de Wei Wei, qui a beaucoup donné, celui de Cattelan – ci-dessus reproduit – est représentatif de la mentalité des protagonistes de cet “art” qui se prétendent politisés, et qui assènent méthodiquement des cours de “morale élémentaire” destinés aux demeurés. Une bonne affaire pour les vedettes du mouvement dont le sans-gêne est simplement abyssal. Admirez le clin d’œil du lèche-cul Cattelan à ses parraineurs !

 

 

 

La merde a de l’avenir.
Vous verrez qu’un jour on en fera des discours.
Louis Ferdinand Céline

 

Merde d’ArtisteMerda d’artista – est une œuvre de l’artiste italien Piero Manzoni influencée par les ready-mades de Marcel Duchamp. L’œuvre réalisée en 1961 se compose de 90 boîtes de conserve cylindriques en métal (4,8 × 6 cm), hermétiquement fermées, qui contiennent les excréments de l’artiste, étiquetées, numérotées et signées. La cote des boîtes est montée dans les années 1960, des années après la mort de l’artiste, grâce à d’avisés marchands italiens, parisiens puis américains. Certaines ont atteint le prix de 3’000 grammes d’or, et les boîtes dont on riait ont commencé à circuler sur le marché de l’art. Aujourd’hui, un grand nombre d’entre elles ont été vendues (la famille Manzoni en possédant encore 5) et se retrouvent dans diverses collections d’art contemporain dans le monde entier. Elles se négocient à un prix élevé, comparé à celui qu’avait fixé l’artiste, à l’exception toutefois de quelques-unes qui se mirent à fuir probablement à cause de la corrosion et de la pression du gaz… Le 16 octobre 2015 une boîte a été adjugée pour 182 500 £ (soit environ 202 980 €) lors d’une vente aux enchères chez Christie’s à Londres. Le 28 octobre 2014 une boîte avait été adjugée 129 000 € (soit en incluant les frais d’enchères 160 920 €) lors d’une vente effectuée par l’étude Cornette de Saint Cyr à Paris.- Wikipedia

 

 

HOMO SAPIENS…vraiment ? – Technique mixte – JPH – 2008 – 1975

 

LA DÉBANDADE
Par JPH

Dans le miroir pictural de notre temps,
Omniprésente, désabusée, arrogante et moralisatrice,
La disgracieuse face botoxée de l’homme augmenté,
la gueule gonflée à l’hélium de l’artiste contemporain.

Dans le musée impérial du matérialisme mondialisé,
Quelques cuvettes de chiottes recyclées,
Des reliquats de la dernière bamboula
D’une association culturelle subventionnée.

Dans la grande salle d’exposition,
Corrompus par un(e) « commissaire » d’un genre indéterminé,
Deux joyeux ramasseurs d’ordures ménagères
Ont déversé les fruits pourris de leur tournée matinale.

Dans les pages des journaux à prétentions intellectuelles et culturelles,
Un savant reportage relate tous ces pénibles faits-divers.
Par la grâce de ce délicieux baratin ludique et didactique,
Vous apprendrez à vous ouvrir à la bêtise.

 

Christoph Büchel, Dump, 2008 – Exposition Superdome – Palais de Tokyo – Paris – 29 mai – 2008  Photo Stefan Altenburger

 

Si l’envie vous prends de prolonger votre promenade parmi les chefs d’œuvre qui se réclament de l’avant-garde du progrès, je vous invite à lire deux autres articles de la rubrique L’OCÉAN ARTISTIQUE – Courants froids de mon carnet de bord.

 

LE CRI DU PERROQUET

VIVRE DANS UN MUSÉE


Lorsque tout va bien, les fous sont dans les asiles,
en temps de crise ils nous gouvernent.
Attribué à Carl Gustav Jung

 


LA NEF DES FOUS – Préparation pour la gravure reproduite à la fin de cet article – JPH – 1999

 

Cahin-caha, les êtres humains n’ont jamais cessé d’affronter les eaux tourmentées des siècles, embarqués sur de fragiles esquifs, en lutte permanente pour survivre et prolonger le plus possible leur voyage intertemporel. Aujourd’hui, comme dans la fable La Grenouille qui se veut faire aussi grosse que le bœuf de Jean de La Fontaine, nos nefs ont gonflé, gonflé, gonflé… jusqu’à devenir de gigantesques paquebots en croissance perpétuelle qui sillonnent quotidiennement les océans de notre planète. Prises dans le tourbillon de leurs réussites technologiques, les têtes en folie des savants et des dirigeants d’inspiration transhumaniste ont elles aussi enflé au point qu’aujourd’hui bon nombre de terriens imaginent que nous sommes devenus les Maîtres de l’Univers…

Et vogue la galère!

Quelle que soit l’époque dont nous scrutons mœurs et coutumes, défauts et qualités, les hommes ne changent pas fondamentalement. C’est pratique, on sait à qui l’on a affaire. Les livres d’histoire nous racontent la nature humaine, ses heureux et ses fâcheux effets sur nos comportements, ainsi que ses constants ressacs. Ces derniers temps, avec la dictature sanitaire qui nous est imposée, nous avons pu observer une fois de plus que ce que l’on appelle le progrès peut avoir de désagréables conséquences sur les cerveaux des maîtres à la manœuvre de notre embarcation. À tel point que, depuis l’année 2020, la population de notre planète a sombré dans une triste folie, terrorisée par des médias aux ordres de la clique dirigeante. Dociles passagers, nous nous sommes retrouvés enfermés dans l’une des innombrables cabines de notre nef, qui arbore désormais fièrement le pavillon Terre d’asile psychiatrique...

Quand en 2016, j’avais emprunté l’appellation La nef des fous à Sébastien Brant pour donner un titre générique à mon carnet de bord, je n’avais pas imaginé une seconde que troubles mentaux et égarement de l’esprit allaient exploser pour modifier radicalement nos vies en seulement quelques mois, et de l’absurdité faire la loi incontestable, pour le plus grand bonheur de quelques amateurs de délire grand-guignolesque! Donc, tout va bien, puisque plus on est de fous, plus on rit… trop heureux que nous sommes d’avoir perdu la raison qui, comme le disait Léon Bloy, fait tant souffrir.


Mis en scène par un auteur qui m’est inconnu:
au premier plan, le Titanic, derrière lui, une nef d’aujourd’hui

 

 

UN PEU D’HISTOIRE…

Sébastien Brant (Strasbourg, 1458-) est un humaniste et poète satirique allemand, auteur notamment de La Nef des fous (Das Narrenschiff), illustrée par Albrecht Dürer et qui fut, avant les Souffrances du jeune Werther de Goethe, l’ouvrage populaire le plus souvent imprimé. Publié par Johann Bergmann d’Olpe, pendant le carnaval à Bâle, ce récit versifié recense divers types de folie, brossant le tableau de la condition humaine, sur un ton satirique et moralisateur. Il mélange l’ironie et le sermon, le rigorisme et l’humour et est à la fois inspiré par l’esprit de la Réforme et par la littérature populaire, de colportage, avec ses proverbes dialectaux.

 


Gravure d’Albrecht Dürer – Voir plus de reproductions

 

Portrait d’Erasme – Peinture de Hans Holbein le Jeune – 1523

 

Éloge de la folie

Également La Louange de la sottise ou encore La Louange de la folie, dont le titre grec est Μωρίας ἐγκώμιον (Môrías3 engkômion) et le titre latin Stultitiæ laus, est une déclamation écrite en latin en 1509 par Érasme de Rotterdam et imprimée pour la première fois en 1511 à Paris chez Jehan Petit et Gilles de Gourmont, puis réimprimé ne varietur en à Strasbourg chez Mathias Schurer.

Genre des récits

Il s’agit d’une thèse humoristique, rédigée en latin de manière volontairement savante, truffée à dessein de locutions grecques, découpée en 68 articles. Érasme y fait parler la déesse de la Folie et lui prête une critique acerbe des diverses professions et catégories sociales, notamment les théologiens, les maîtres, les moines et le haut clergé mais aussi les courtisans dont nous avons une satire mordante. Il existe une référence directe au genre au chapitre LX1.

1 Mais il n’est pas dans mon sujet d’examiner la vie des papes et des prêtres, j’aurais l’air de composer une satire au lieu de mon propre éloge, et l’on pourrait croire qu’en louant les mauvais princes j’ai l’intention de censurer les bons.

Cette citation illustre bien le ton de l’œuvre, où la Folie fait son propre éloge, mais un éloge transformé par Érasme en une véritable satire. Cette technique permet de surprendre le lecteur, d’affiner la dénonciation des travers de ses contemporains, et de rendre son propos plus efficace. Cet auteur a excellé dans le genre satirique. Ainsi, il est l’auteur des Colloques : une satire piquante des mœurs de son époque qui souligne son esprit indépendant. Mais dans L’Éloge de la Folie, la satire s’élargit et dépasse l’époque de son auteur pour atteindre la société humaine en général.

Informations et liens empruntés à Wikipédia

 

La Nef des fous – Peinture de Jérôme Bosch réalisée vers1500 (date conjecturale)

 

LA NEF DES FOUS – Verni-mou, aquatinte, pointe-sèche – JPH – 1999

 


LA NEF DES FOUS
Texte de Bogdan Krsic24 mai 1932 – † 21 octobre 2009


Jean-Pierre fait partie du cercle des artistes sensibles au message engagé et toujours d’actualité de cette grande œuvre de la Renaissance qu’est “La nef des fous” de Sébastian Brant, version populaire du savant traité “Eloge de la folie” d’Erasme de Rotterdam. De Hieronymus Bosch, Pieter Brueghel, Albrecht Dürer et Hans Holbein aux artistes contemporains ainsi qu’aux graveurs du fantastique, comme le grand artiste slovaque Albin Brunovski, ce thème reste toujours aussi attractif car la folie humaine ne change pas, quelles que soient l’époque, l’ambiance et les apparences.

Cependant, Jean-Pierre a gravé une vision différente de “La nef des fous”. Il n’en offre pas une représentation d’exégète. Il ne nous fait pas la revue des folies individuelles et des vices humains décrits dans les 96 poèmes de Brant qu’Albrecht Dürer fut le premier à illustrer avec 96 gravures sur bois. Jean-Pierre nous montre l’image de la folie de l’ensemble des humains. Sa gravure figure un océan agité au milieu duquel la nef fait plus penser à une île qu’à un bateau. Une île à deux troncs dont la couronne porte une toile de corps humains aux poses grotesques et entrelacés de la manière caractéristique dont il dessine une grande partie de ses sujets. Il semble nous dire que ce qui importe ce n’est pas tant que les gens soient corrompus, exaltés, passionnés et fous, mais bien que le monde est fou et qu’il est gouverné par cette épidémie.

Cette gravure de grand format est, comme toujours chez Jean-Pierre, magistralement réalisée, avec un métier sans faille, artistiquement persuasive et riche en nuances.

 

Contraste Galerie / Atelier JPH
Ruelle des Cordeliers 6 – CH-1700 Fribourg
078 875 96 66 – info@jphumbert.chwww.jphumbert.ch

 

 


Clefs de sol en pagaille, dessinées pour le festival MUSIQUE VIVANTE organisé par Jean-Daniel Lugrin en 1980

 

En souvenir des pluies diluviennes du début de l’été helvétique 2021, pour une reprise en douceur des publications de mon carnet La nef des fous, pour vous consoler des méfaits occasionnés à notre terre par l’immuable et traditionnel beau temps du mois de septembre, j’ai ressorti de mes cartables l’abri et le déluge, deux clefs de sol météo-compatibles. Avec ces reproductions, je vous propose de cliquer sur les liens ci-dessous et d’écouter des artistes, poètes et musiciens (Georges Brassens,  Antonio Vivaldi, Ludwig van Beethoven, Wayne Shorter, et le groupe Déluge) qui ne se sont pas dégonflés lorsque je leur ai demandé d’exprimer leurs états d’âme météorologiques.

 

L’orage…

L’ABRI – Technique mixte – JPH – 1980

 

L’ORAGE – Georges Brassens – 1960 – Durée: 3 minutes 22

 

L’ORAGE – Antonio Vivaldi – Durée: 2 minutes 54

 

L’ORAGE – Ludwig van Beethoven – Durée: 3 minutes 52

 

… puis le déluge

LE DÉLUGE – Technique mixte – JPH – 1980

 

DÉLUGE – Wayne Shorter – Durée: 6 minutes 53

 

DIGUE – Déluge – Durée: 6 minutes

 

Ci-dessus, l’affiche d’un des concerts de la tournée MUSIQUE VIVANTE, celui donné à Tavel (Tafers) en 1981

 

 

 

Après tirage, la plupart des plaques de cuivre et de zinc que j’ai gravées ont terminé leur carrière à la poubelle après avoir été soigneusement débitées en tranches régulières (j’aime que l’ordre règne dans les poubelles).

En 2010, changement radical de politique. Motivé par ma toute nouvelle marotte conservatrice, j’ai opté pour une tentative de valorisation des plaques gravées qui avaient échappé à ma furie destructrice. Pendant l’été 2010, encouragé par Milka, j’ai procédé à leur mise en scène.

Chaque plaque, percée d’un petit trou en bas à gauche ou à droite, est encrée et imprimée une dernière fois. Cette épreuve est ensuite collée sur un support rigide au format de l’image. Après avoir été ré-encrée, la plaque enduite d’un vernis pour la peinture à l’huile est fixée sur un deuxième support. Plaque et épreuve sont ensuite montées côte à côte à l’intérieur d’un cadre en bois. Une deuxième variante voit la plaque encadrée d’un châssis de cinq à sept cm de largeur, artistiquement ornementé de textes et d’extraits de presse, collés et peints.

 

LES AMANTS – La plaque percée avec l’épreuve correspondante – JPH – 1997

 

ECHOSYSTÈME – La plaque percée avec l’épreuve correspondante – JPH – 1996

 

COMPTE À REBOURS – La plaque mise en scène – JPH – 1991-2010

 

MIRAGE – La plaque mise en scène – JPH – 1987-2010

Pour plus d’informations ou pour commander le livre,
cliquez sur la vignette ci-dessus

 

CONTRASTE GALERIE / Atelier JPH
Ruelle des Cordeliers 6 – CH-1700 Fribourg
info@jphumbert.ch – www.jphumbert.ch

 

Contraste Galerie

 

 

Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, en 1945, la population de la terre n’a pas cessé d’augmenter. Celle des amis, hommes et femmes nés comme moi à cette époque, elle, n’a pas cessé d’inexorablement décroître et, que voulez-vous, au milieu de la foule grouillante, mélancolique, je regarde ma vie se dépeupler.

C’est ainsi que j’ai récemment appris avec tristesse le décès de l’ami Philippe Virdis, dans la nuit du mardi 22 au mercredi 23 juin 2021.

Nous nous étions rencontrés au collège Saint-Michel, où nous avons été camarades de classe pendant les années soixante. Par la suite, nous nous sommes assez rarement croisés. Ce furent à chaque fois des moments chaleureux qui m’ont laissé deviner qu’il suivait discrètement le cheminement de mes travaux. Beaucoup plus tard, en 2007, lors de la publication du livre [Par défaut…] Jean-Pierre Humbert , je lui avais demandé d’illustrer par un écrit mon estampe intitulée L’AVENIR RADIEUX. Dans son texte ENTRE… , ci-dessous reproduit, Philippe évoque notamment le dépôt de mon œuvre gravé à la BCU (Bibliothèque Cantonale Universitaire). Une réalisation qu’il avait amicalement contribué à concrétiser. Adieu cher Philippe…

À Marie-Josée, sa femme, et à sa famille, je présente mes sincères condoléances, Jean-Pierre.

 

   

 


L’AVENIR RADIEUX – Technique mixte – JPH – 2005-2002

 

ENTRE-TEMPS

Par Philippe Virdis

 

Entre-temps, l’âge de la pierre cède, l’espace d’une technologie, la place au béton mais entre-temps, la Sarine grande et généreuse dame, s’en moqua, poursuivant imperturbable et fiable sa mission d’allaitement énergétique de la cité.

Entre pierres et rocher, une soi-disant esthétique architecturale du goût des temps modernes s’est élancée d’un geste d’autant plus beau qu’il pourrait sembler inutile…

Que non puisque rien ne dit qu’il ne soit possible que l’on y entre.

Entre Jean et… Humbert ; je découvre Pierre ; n’y habiterait-t-il pas ? Pourquoi pas, lui qui se plait tant à désarchitecturer la réalité de sa ville, à virtualiser la réalité ; dis-nous Jean-Pierre, n’est-ce vraiment que ton pinceau qui soit si virtuel ou n’est-ce pas ton obsession, une sorte de rêve de toujours accélérer le temps ou au contraire de reculer le présent ?

Entre l’artiste et son public devrait-on imaginer un tel mur, opaque, étanche, que je ressens tel un blockhaus hermétique à tout dialogue, à tout vernissage ou exposition, une sorte d’anti-galerie ?

Entre Chatédrale-1 et La mouche-2, entre Partagé-3, ta première gravure, et Un illuminé-4 mis en lumière plus tard, entre 40 ans de créativité artistique et de partage avec le public, pas sûr que ton œuvre entre en totalité dans ce volume.

Entre donc ton œuvre dans les coffrets de la Bibliothèque cantonale universitaire afin qu’elle y vive longtemps, préservée des altérations, observée par les futures générations et qu’elle reflète pour tout le futur, les visions du passé exprimées au temps présent.

Entre nous subsistera toujours, outre l’amitié datant de notre enfance, le respect que j’éprouve envers l’artiste qui a réussi de son vivant déjà à se faire connaître et obtenu que son œuvre soit reconnue.

 
1 – LA CHATHÉDRALE – Peinture acrylique – JPH – 2002

 


2 – LA MOUCHE – Peinture acrylique – JPH – 1987-88

 


3 – PARTAGÉ – Gravure – JPH – 1978

 


4 – UN ILLUMINÉ – Sérigraphie – JPH – 1984

 

 


Aujourd’hui, je vous invite à lire le récit imaginé par Pierre Savary pour illustrer ma gravure
LES 3 ARBRES. Texte et dessin parus dans le livre [Par défaut…] Jean-Pierre Humbert édité en 2007 par ESTAMPE.ORG.

En toute fin de cette publication de ma Nef des Fous, vous trouverez une reproduction du chaleureux article de Pierre Savary, destiné à présenter l’exposition que le Musée Gruérien avait consacrée à mes œuvres en 1983.

 

Pierre Savary

Né en 1956 à Sâles, Pierre Savary est depuis 1978 attaché au journal La Gruyère. Il y a travaillé comme rédacteur-journaliste et chroniqueur polyvalent avant de prendre en charge le secrétariat technique. Dans les colonnes du tri-hebdomadaire, il s’est exprimé dans des rubriques bariolées (Fanfreluches, Les gens de Margebert, Le saviez-vous), puis est tombé tête la première dans les astuces de langage pour les Mots fléchés de Pierrot.

Parallèlement, il a collaboré à une quinzaine d’aventures scéniques et éditoriales. Il a mêlé sa plume aux portées de plusieurs compositeurs : Francis Volery (Banaudon, 1988), Oscar Moret et Jean-Claude Kolly (L’oura di chenayè, 1989), Jean-François Bovard (L’enfant qui n’avait pas de nom, 2003), André Ducret, Yves Piller, Gérald Kaeser. Aux Editions La Sarine, il a signé ou cosigné Les chemins qui montent, Les chemins qui descendent, Teddy Aeby, La Trace avec Jacques Cesa ou encore Simon Glasson, un atelier de photographie en Gruyère. Pour les Éditions gruériennes, en 1999, il a fait revivre les odeurs de foins coupés dans Fraise des bois, avec des illustrations de Gisèle Rime.

Présentation empruntée au site internet Babelio

 

 

LES 3 ARBRES – Gravure – JPH – 1995

 

LES 3 ARBRES
Par Pierre Savary

Les jeunes quartiers sont incroyables. Ils travaillent jusqu’à point d’heure et sont bien capables, après ça, de boire du gin fizz toute la nuit. Ils ont des boîtes pour. Des boîtes à travailler, des boîtes à s’amuser. Les unes à côté des autres. Quand une boîte à travailler doit fermer pour cause de diablerie économique, elle est transformée en boîte à s’amuser. Et les ouvriers d’avant grattent leurs poches pour les verres d’après, qui pétillent sans conviction sur l’établi repeint en gothic metal. Le didjé anthracite fait le clown, il s’est mis un nez vert.

Les jeunes quartiers sont impitoyables. Ils jouent des coudes, ils s’administrent l’espace. Ils avancent à grands coups de pelle, le menton en avant, nuque d’acier et hanches de béton. Devant l’offensive, les aînés, les vieux quartiers, cotonnent de tous leurs membres. Ils se tiennent par la manche, ils retirent leurs pattes et rentrent leurs antennes. Ils se resserrent, se contractent, se recroquevillent. Ils respirent à petite haleine le peu d’air que leur laissent les narines conquérantes. Ils se voient repoussés là où les bâtisseurs perdent leurs idées, sur les talus à moutons et les anciens ruclons.

Et la vague enfle encore, et les plus vieux des vieux quartiers se retrouvent à fleur de vide, âpre cortège médiéval où les maisons font la queue devant le gouffre, devant l’oubli.

Une crevasse apparaît sur la falaise. Le pan de mémoire craque comme un glacier au dégel.

A un jet de bouteille à encre, là où les racines du monde plongent dans la terre souple et profonde, trois chênes maigres se fabriquent leur propre destin. Les deux premiers, comme les filaments d’une ampoule, posent un point d’interrogation : suffit-il de lever les bras pour décrocher la lune ? Le troisième fait le clown, il s’est mis des feuilles.

 


Un des croquis qui ont jalonné le processus de création de la gravure Les 3 arbres

 


Une autre des nombreuses étapes du sentier de la création de la gravure Les 3 arbres

 


Encore un autre état 

 


La plaque et la dernière épreuve de la reprise en 1996 d’un détail de la gravure Les 3 arbres

 

Article de Pierre Savary – 1983

 

Le DON QUICHOTTE qu’évoque Pierre Savary,
dans l’article ci-dessus reproduit – Technique mixte – JPH – 1983


LE TOURBILLON – Gravure – JPH – 1996

 

Sept cent millions de chinois, et moi, et moi, et moi… (Jacques Dutronc 1966)

Malgré la politique rigoureuse de l’enfant unique, les chinois sont aujourd’hui un milliard quatre cent millions, ce qui fait de la Chine l’État le plus peuplé de la planète. Quant à la population mondiale, elle dépasse actuellement des huit milliards d’âmes et d’estomacs. Huit milliards de pékins, et moi, et moi, et moi…

En 2016, les statisticiens estimaient que la colonie humaine augmentait de 246’000 personnes par jour, soit la différence entre les 403’000 naissances et les 157’000 décès quotidiens, ce qui représente une hausse de 90 millions de terriens par an. En 2014, environ 54% de la population mondiale vivait en milieu urbain.

Quant à vous, amis et amies abonnés à ma lettre La nef des fous, vous représentez environ le 0,0000000… % de la population mondiale… émoi, émoi, émoi…

AUTOPORTRAIT – Technique mixte – JPH – 2006-1996

 

AUTOPORTRAIT

Partout…
Autour de moi… En moi,
Silencieux comme le néant,
Le lent magma de la foule humaine
Défile sans fin… Inlassablement.

Tous ensemble… Tous seuls…
Où allons-nous ?
Ailleurs… Loin… Très loin…
Perdus dans l’infini présent,
En quête de la maîtrise du temps.

Du temps retrouvé,
Du temps que nous étions vivants,
Du temps que j’étais Jean-Pierre Humbert.
Seul au milieu de rien…
Seul parmi vous…

 

2018 – Test d’admission à l’Académie des Arts en Chine

Décidément, la compétition sera chaude et les places au firmament artistique seront chères, sans compter que la plupart des artistes qui font carrière ne passent pas par les écoles. Reste à définir la notion de firmament artistique…


L’EXÉCUTION
– Huile sur toile de Yue Minjun – 1995

En 2007, la toile EXÉCUTION devient l’œuvre la plus chère de l’histoire de l’art contemporain chinois, elle a été vendue pour près de six millions de dollars. Cela confirme le fait que la valeur d’une œuvre est essentiellement déterminée par le poids financier de l’acheteur et que le firmament artistique se situe dans la salle des coffres.

Yue Minjun (岳敏君 en chinois) est né en 1962 dans la province de Heilongjiang en Chine. Peintre et sculpteur, il est un des artistes chinois contemporains dont les œuvres ont conquis la nomenklatura occidentale, ses milliardaires, ses journalistes, et ses commissaires politiques. Pour une fois, je comprends ce succès. Son savoir-faire de peintre et la tragique systématique de son ironie me fascinent, mais le nihilisme unilatéral et radical de ses peintures me dérange. Cet homme ne regarde et ne transcrit que ce que ses omnipotentes ornières mentales lui permettent de voir. Prenez la peine de cliquer sur mon lien images, vous verrez défiler des personnages à la peau peinte en rose qui tous se fendent la gueule sans retenue. Cette foule hilare est composée d’autoportraits de l’artiste, et de paraphrases parodiques des œuvres phares de la peinture européenne. Souvent en slip, tout ce beau monde se tord de rire, pouffe sans raison, se bidonne en plein drame, se poile en solitaire ou en groupe, s’esclaffe sans fin, se marre obsessionnellement, se gondole à mourir… un étalage systématique de mépris qui constitue un portrait hyperréaliste de la société globale aux manettes. Les plus optimistes y voient une vision critique du mondes dans lequel nous vivons.

“Mais qu’y a-t-il de si drôle” vous demandez-vous ? Rien, bien sûr. Le rire de Yue Minjun et de ses personnages ne vient pas ponctuer la chute d’une plaisanterie amusante. Il n’est que le cri méthodique et désespéré d’un type qui hurle à vos yeux… mais regardez-moi cette existence et ce monde de merde! Selon le “théoricien” Li Xianting, les peintures de Yue Minjun seraient une réaction auto-ironique au vide spirituel et à la folie de la Chine moderne. Un vide et une folie qui ne sont pas un privilège chinois, très loin s’en faut. De ce point de vue, les œuvres de Yue Minjun sont géniales, mais que voulez-vous, je n’arrive pas à me résoudre à accepter leur désespérant constat… j’espère… ne serait-ce que pour le panache.

Fait à l’aide d’informations pêchées sur l’internet sur lequel je vous invite à naviguer si vous souhaitez en savoir plus sur cet artiste d’exception – JPH

Même pays, autre ambiance…
Pour conclure cette brève incursion dans le paysage artistique chinois, je vous offre une reproduction d’une peinture de Hao Chun.

 

LES CHEMINS DE L’UTOPIE – Gravure – JPH – 1991
 
En 1991, pour célébrer son 700e anniversaire (1291-1991), la fête nationale suisse a débuté le 10 janvier à Bellinzone et s’est terminée en novembre à Bâle. Dans cet intervalle, quantités de manifestations et d’attractions ont été organisées aux niveaux communal, cantonal et fédéral. Le comité d’organisation de la manifestation dans le canton de Fribourg m’avait commandé une gravure dont le tirage avait été offert aux personnes, salariées et bénévoles, qui avaient contribué à la bonne marche de la fête dans notre région. Il s’agit de l’œuvre reproduite ci-dessus que j’avais intitulée LES CHEMINS DE L’UTOPIE.

À noter qu’une année plus tard, en 1992, les mêmes autorités qui avaient chanté sur tous les tons la grandeur et la beauté du pays pendant 365 jours, entonnaient, à l’Exposition universelle de Séville, le rap des colonisés, sur l’air de La Suisse n’existe pas.


La Suisse n’existe pas

Telle était la devise que l’artiste Ben avait concocté pour présenter le pavillon suisse lors de l’Exposition universelle de Séville en 1992. Ces expositions servent, parait-il, à asseoir les identités nationales. De ce point de vue, l’affirmation se voulait provocatrice… ça faisait réfléchir nos experts en culture qui tenaient là un sujet de bavardage stipendié à la mesure de leur génie.

En 1992, le slogan de big Ben avait résonné désagréablement à mes oreilles délicates de citoyen solidaire de ses compatriotes. Comme un grand benêt pas encore traité à l’anti-mythes, je croyais encore que la valeureuse Helvétie était un pays souverain, indépendant, qui savait défendre les droits politiques de ses ressortissants. Depuis, 29 années sont passées et l’affirmation tonitruante de l’artiste de service a été méthodiquement instrumentalisée par nos autorités fidèlement (servilement?) relayées par des médias entretenus et acquis à la mondialisation, versus globalisation voulue par la plupart des représentants du peuple. J’ai donc fini par prendre conscience de ce qui se passait réellement dans mon (encore) beau pays. Par l’intermédiaire de ce bon Ben et de son logo de derrière les fagots pourris, nos autorités annonçaient officiellement la couleur: La Suisse n’existe pas, ce qui implique clairement que les suisses n’existent pas. Ça n’avait pas beaucoup plu à bon nombres de patriotes pratiquants, mais, trois décennies plus tard, ceux qui sont encore là, somnolent, la peau du ventre bien tendue. Ils ont plutôt bien digéré la colonisation de l’Helvétistan. Par qui me direz-vous peut-être ? Ce ne sont pas les réponses qui manquent. Étranger sur sa terre d’origine, esprit encore à peu près libre, je garde les miennes pour moi. Je constate à regret que la propagande, le déni profond de réalité et les aberrations bien-pensantes diffusés quotidiennement depuis le pacte de Ben en 1992 ont facilement modelé une population qui avait confiance (moi itou) en ses autorités. Pourvu que cela ne dure pas…

SWISS CORPORATE IDENTITY – Technique mixte – JPH – 1976 – SARL

Fréquenter les chemins de l’utopie, consiste à parcourir des itinéraires au charme bucolique qui conduisent sans faute à l’une ou l’autre forme de dystopie… aujourd’hui, en 2021, le processus de transformation est bien engagé…

Une affichette diffusée, il y a quelques semaines, par le quotidien favori des fribourgeois avait attiré mon attention. Je me suis permis d’en produire une parodie, et de situer l’évènement promu par le journal dans le contexte d’un perpétuel présent qui végète dans un marigot d’absurdités depuis déjà plus d’un an…


Eh oui… les verts ont semble-t-il gagné…
 

Ci-dessus… photographie, et ci-dessous… texte, publiés -notamment- par LE GLÂNEUR D’IMAGES Michel Martin

La confédération en veut entre 800 à 1000 de ces machines en Suisse. Elles auront 220 mètres de haut. Vous les voyez ci-dessus en simulation sur les emplacements prévus … CQFD ! Angle de vue principal d’un promeneur depuis le chemin sur la colline menant à la forêt de Siviriez.


Et… DES AFFIRMATIONS PUBLICITAIRES EMPRUNTÉES AU SITE DU GROUPE E

Groupe E croit en l’éolien, la population aussi – L’approbation du plan directeur cantonal fribourgeois par la Confédération remet sur les rails les projets éoliens cantonaux. Fort de cette décision, Groupe E va poursuivre le développement de parcs éoliens. Un sondage réalisé en septembre par MIS Trend montre que plus de 70 % des répondants sont favorables à la création de parcs éoliens dans le canton.


Est-ce que nous devons les croire et les laisser faire ?…
Un peu de sérieux… avec une réédition de ma peinture
ET LUX FUIT… moulins à vent contre nucléaire

 

ET LUX FUIT … moulins à vent contre nucléaire
Peinture et texte JPH – 2015

 

La Suisse des lumières est préoccupée. Comment fabriquera-t-elle l’électricité qui éclairera ses villes, ses campagnes et ses cerveaux survoltés ?

À des milles de la folie sublime de Don Quichotte, le célèbre hidalgo castillan, je risque un scénario raisonnable pour résoudre le problème de l’approvisionnement en électricité à Fribourg. Une idée rendue possible par la grâce du niveau exceptionnel des scientifiques implantés sur le site «Blue Factory». La peinture, reproduite ci-dessus, donne une assez bonne vue de l’impact esthétique positif induit par mon projet initialement inspiré du mythique combat du héros de Cervantès contre les moulins à vent. La reconstitution de la mer du Nord et l’implantation des éoliennes seront certainement les plus grosses difficultés à résoudre. Mais, avec l’armada d’ingénieurs et d’architectes diplômés à disposition, les étapes de cette réalisation devraient s’imposer d’elles-même. Pour renforcer l’action du vent, les politiciens sont prêts à collégialement s’engager. Si vous trouvez que ma simulation est opaque et trop difficile à décrypter, sur rendez-vous, je me tiens à votre disposition pour vous éclairer. La séance est payante.

Pour une électricité enfin verte, je suis fier d’avoir lancé les moulins éoliens contre le Satan nucléaire. Vous le savez certainement, le génie consiste à proposer des solutions simples aux problèmes complexes.

Et pour finir en beauté… La quatrième vague… photographie trouvée et empruntée à l’internet (auteur inconnu)